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Monter son Home-Studio

S’enregistrer chez soi ou en voyage est devenu assez simple. La technologie permet de réduire l’équipement au minimum, cependant certains éléments sont clés pour une pratique fluide de l’enregistrement, alors attention où vous choisissez d’économiser.

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Ici je ferai une description des éléments essentiels séparément. Certaines machines regroupent plusieurs fonctions et permettent de gagner de la place. Cependant il est important de connaître les fonctions clés qui constituent un studio d’enregistrement. En réalité la méthode est la même pour les studios mobiles ou les grosses infrastructures, ce qui fait la différence, c’est la complexité des fonctions disponibles et la qualité des composants.

Les éléments essentiels :

  • L’ordinateur : bien sûr, plus il sera puissant, plus vous pourrez gérer de pistes simultanées, d’instruments virtuels et d’effets. Au-delà de la mémoire vive et de la vitesse du processeur, il est important de faire attention à certains détails dans le choix de la machine, dont le numéro de chipset, la marque de la carte mère et la vitesse de réponse du disque dur. Contrairement à la plupart des logiciels utilisés sur ordinateur, la musique nécessite un traitement en « temps réel », ce qui demande une configuration particulière pour avoir l’assurance d’une machine stable et fiable. A moins de prévoir un caisson insonorisé, il vaut mieux avoir un ordinateur aussi silencieux que possible.
  • La carte son : la carte son intégrée à l’ordinateur est absolument insuffisante pour travailler en musique. La meilleur façon de travailler est d’utiliser une carte dédiée à la musique pour l’enregistrement et de réserver la carte son interne pour l’écoute de mp3, vidéo etc. Par exemple au mixage, ceci peut devenir particulièrement pratique: l’idéal est d’utiliser un commutateur d’écoute pour écouter alternativement le mix du projet et un morceau de référence en mp3. En phase de composition également, il est intéressant de pouvoir écouter des références sans quitter son projet. Techniquement, le mieux est d’acheter une carte son dans un magasin de musique spécialisé. Évitez les cartes en dessous de 75€. Le mieux est d’avoir 2 sorties stéréos séparées avec l’écoute casque commutable sur l’une ou l’autre des sorties. Je parlerais plus longuement de l’intérêt de cette fonction dans un autre article. C’est une fonction très intéressante à utiliser en live, par exemple.
  • Le micro : nous parlerons en détails des micros. En résumé, deux catégories s’imposent : les micros dynamiques et les micros statiques. Les micros dynamiques sont super sur scène pour la prise de grosse caisse, caisse claire etc. Par contre, pour la prise de chant en studio, ils manquent de définition en particulier dans les aigüs. Les micros statiques à large diaphragme ont une excellente définition et vont restituer les subtilités de la voix (et ses défauts) à merveille. Par contre leur sensibilité captera très bien aussi tout bruit parasite de la pièce : voiture dans la rue, conversations dans la pièce voisine et même le ronronnement de l’ordinateur. Il est donc indispensable d’enregistrer au casque et de faire silence dans la pièce.
  • Le préampli : le préampli va de pair avec le micro et souvent son prix est du même ordre que celui du micro. Le préampli va permettre d’homogénéiser le son du micro en réduisant les écarts de dynamique (compresseur), faire ressortir les finesses de la voix (équaliseur), « réchauffer » le son (qualité des composants, lampe etc) et restituer un signal propre et « boosté » au niveau « ligne ». J’ai fait toutes mes premières maquettes sans préampli, c’est donc un élément dont on peut se passer. Puis au fur et à mesure que mon exigence de qualité évoluait, j’ai acheté un péampli numérique, puis un préampli à lampe. J’aime en particulier le couple Neuman TLM127 + Avalon VT737 SP qui permet de tout faire: voix, guitares folk, cordes et mêmes percussions etc.
  • La table de mixage : contrairement à son appellation, je n’utilise pas la table de mixage pour mixer mais uniquement pour enregistrer. A moins d’investir dans une table numérique haut de gamme, il est plus intéressant de tout mixer à l’intérieur de l’ordinateur. La table de mixage sert donc principalement d’écoute : régler le volume du micro par rapport à celui de la carte son. C’est là que souvent le débutant ne sait pas comment s’y prendre. En réalité, le signal arrivant du micro en entrée de tranche doit partir d’un côté vers l’écoute (casque) et de l’autre côté en enregistrement. En général on utilise un bus « pré-fader » pour diriger le signal brut vers la carte en son pour l’enregistrement (buss out). Je ferais un article dédié à ce sujet. Il est important de pouvoir régler le curseur d’écoute sans affecter le niveau d’enregistrement qui part vers la carte son. Beaucoup de petites tables de mixage ne permettent pas cela, alors attention à ce dont vous avez besoin.
  • La réverbe : dans certains styles musicaux, la réverbe n’est pas ou peu utilisée. Ainsi en musique urbaine (rap, hip hop), les chanteur préfèrent entendre leur voix « sèche ». Pour les autres styles de musique, la réverbe est souvent essentielle pour que le chanteur se sente pousser des ailes ! Parfois cette fonction est incluse dans les effets de la table de mixage mais il est rare que la qualité soit au rendez-vous. Si vous vous êtes gâté en offrant à vos cordes vocales un micro statique à large diaphragme, vous serez bien frustré si la réverbe vous donne l’impression de chanter dans les toilettes. Pour se sentir comme à Bercy, l’idéal est d’avoir un rack d’effet dédié. Les boîtiers Alesis Nanoverb et autres sont de très bons entrées de gamme. On utilise un aux ou buss « post-fader » pour alimenter la réverbe, puis le son de l’effet revient soit dans une tranche stéréo, soit dans un « aux-return ». Nous verrons tout cela dans un prochain article.
  • Commutateur d’écoute : en phase de mixage, un commutateur d’écoute est un outil essentiel. En effet, mixer c’est faire de l’écoute comparative. Lorsqu’on écoute 10, 20, 50 fois le même titre, l’oreille s’habitue et on a vite fait de faire un mix déséquilibré. De plus chaque système d’écoute a une couleur différente. Il est donc essentiel de constamment comparer son mix à une source sûre (mix commercial) et de le tester sur des écoutes différentes (grosses enceintes, petites enceintes, casque, poste de radio, etc). Vous verrez que votre mix sonnera différemment sur chaque système et l’art du mix, c’est de trouver un compromis satisfaisant.
    Le commutateur d’écoute est donc un élément clé du Home Studio et permet de basculer alternativement d’une entrée A (mix) à une entrée B (mp3) et de basculer alternativement d’une sortie A (grosses enceintes) à une sortie B (petites enceintes). Avant d’investir dans une machine chère, vous pouvez expérimenter avec des boîtiers Sky Tronic « stereo audio source selector ».
  • Le système d’écoute : comme il vient d’être dit, il est primordial d’écouter son mix de façon comparative sur les enceintes différentes. Au minimum, il s’agit d’une paire de moniteurs, d’une chaîne hi-fi ou d’un poste de radio, et d’un casque. J’écoute tous mes mix sur une paire d’enceintes d’ordinateur à 15€ pour être sûr que les internautes, à défaut d’apprécier les sub-basses, reconnaîtront les instruments du morceau. Il est toujours frappant d’entendre une guitare médium qui soudainement sort très fort sur ce genre d’écoute, alors d’un petit coup d’équaliseur peut régler le problème.

Voilà, vous connaissez maintenant les éléments essentiels qui composent un Home Studio. Dans une vidéo prochaine, je montrerai comment les connecter concrètement.

Olivier Bessaignet. Ingénieur-son.

http://www.monter-son-home-studio.fr

Un commentaire sur “Monter son Home-Studio

  1. AKOMABOU dit :

    merci pour cette leçon très instructive. j’aimerai garder le contact avec vous pour d’autres tutos.

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