Le piano nécessite un grand nombre de réglages. Pour produire le son d’une note, une soixantaine de pièces mécaniques sont mises en jeu ; toutes peuvent avoir de petits décalages, ou nécessiter un réglage tridimensionnel. Ce travail de réglage est assez long et délicat et nécessite donc d’être réalisé par un accordeur ou réparateur au savoir-faire important.

 

Entretien des touches et accordage


  • Les touches : pour le nettoyage des touches à revêtement plastifié, utilisez de l’eau savonneuse et, pour les touches en ivoire, imbibez un chiffon avec de l’alcool à brûler.

 

  • L’accordage et la mécanique : une fois par an au minimum et toujours au même moment. Deux fois, c’est mieux (été et hiver). N’oubliez pas qu’un piano désaccordé entraîne systématiquement un déséquilibre des tensions au niveau de la table d’harmonie et une perte de stabilité sonore. Pensez également à faire vérifier tous les 2 ans (usage régulier) la bonne tenue de la visserie et le réglage de la mécanique et un accordage si votre piano a subi un déménagement.


Les conditions climatiques


Le piano s’adapte mal à des variations climatiques brutales, que ce soit à l’intérieur de l’habitation ou provenant de l’extérieur.

Le piano est sensible aux variations hygrométriques et à la sécheresse comme à l’humidité. Le pire est le passage rapide d’un état à l’autre.
Un air trop sec accélère un desserrage des mécanismes et augmente les risques de fendillement du bois et donc de la table d’harmonie, tandis qu’un air trop humide provoque une accélération de l’oxydation des parties métalliques. Quand les cordes sont oxydées, elles ne sonnent plus correctement, deviennent sourdes et se fragilisent (risque de rupture). Les chevilles se grippent et rendent l’accordage plus difficile. Les feutres augmentent d’épaisseur, perdent de leur rendement sonore et les touchent commencent à se coincer. Alors, que faire ?

Si vous désirez que votre piano dure longtemps (jusqu’à plusieurs générations), qu’il se désaccorde le moins possible, que la mécanique ne se détériore pas, que le bois ne se déforme pas, quelques précautions sont à prendre.

 

  • L’hygrométrie doit être la plus constante possible (supérieure à 45 % pour 22 °) : utilisez un humidificateur d’air si nécessaire. Une maison traditionnelle avec des plantes vertes dans la pièce peut parfois suffire.

 

  • La température doit être la plus constante possible : comprise entre 15 et 24°.

 

  • Laissez un espace entre votre piano droit et une source de chaleur (pour une cheminée : aussi loin que possible, et pour un radiateur : une distance d’au moins 1 à 2 mètres est conseillée). Evitez une pièce avec chauffage par le sol.

 

  • Evitez autant que possible un garage, un sous-toit trop sujet à des variations climatiques importantes.

 

  • Evitez les lieux à courants d’air : couloir, fenêtre ouverte à proximité du piano.

 

  • Evitez les pièces à grandes surfaces vitrées (les vitres font effet de radiateur), les rayons du soleil direct et les murs donnant sur l’ extérieur (échanges thermiques).

 

  • Si le local dans lequel est installé le piano reste inhabité durant la période hivernale, je vous conseille de disposer du papier journal à l’intérieur du piano et de le recouvrir (devant et derrière) d’une couverture en laine de préférence. N’oubliez pas également l’antimite (dans le piano). Un appareil électrique efficace pour corriger les écarts d’hygrométrie peut être installé à demeure dans le piano et le protéger durablement.

 

Aménagement acoustique de la pièce


  • Le sol : isolez autant que possible les pieds du piano du sol, pour éviter la transmission du son dans celui-ci (caoutchoucs durs comme sous les machines a laver, patins spéciaux).
    Si vous avez du carrelage, vous êtes en présence d’un matériau dur très réverbérant qui ne convient pas au piano. Il n’absorbe pas les résonances et les vibrations de l’instrument. Il diffuse trop les ondes. Pour réduire un petit peu ces effets, placez sous le piano et tout autour (1m à l’extérieur de l’instrument) une moquette très épaisse.
    Un parquet en bois (en bon état) offre une meilleure qualité acoustique (s’il est isolé par en dessous)… la moquette restant la solution la plus intéressante.
  • Les murs : laissez toujours un espace entre le mur et l’instrument (10 à 20 centimètres). Pour absorber un petit peu les réflexions des ondes arrières, vous avez la solution d’installer à quelques centimètres du mur un cadre en bois composé de plaques de polystyrène recouvertes de moquette.
    Evitez de placer votre piano dans un angle de la pièce. Les coins ont la fâcheuse tendance à augmenter les réflexions des ondes sonores.
  • La pièce : elle ne doit pas être trop grande, ouvrant sur des couloirs, des escaliers ni vide de meubles ou de tout matériau absorbant (livres, cartons, …) ; sinon la réverbération de la pièce risque d’être trop importante. Votre précision de jeu en subira les conséquences. Une pièce ayant une grande superficie vitrée est à déconseiller également. Le verre est très nuisible et réagit de la même manière que le carrelage.

    Lorsque vous jouez, la sonorité du piano doit vous paraître précise, directe, venant vers vous. Vous ne devez pas avoir la sensation que la sonorité se diffuse dans toute la pièce.