Les différents styles musicaux

La musique de film et ses compositeurs : ce que vous ne saviez pas

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A quoi sert la musique de film ? Pour répondre à cette question, il faut parcourir son histoire afin de réaliser à quel point son rôle est important pour une production.

Au départ employée afin de dissimuler le bruit infernal des appareils de projection, elle s’est petit à petit transformée en un élément indispensable du cinéma.

De cette façon, elle a fait voir le jour à un métier à part entière, celui de compositeur de musique de film.

Beaucoup d’entre eux devinrent alors les créateurs de véritables chefs-d’œuvre musicaux.

Loin d’être une chose dépassée, voici la musique de film, comment tout a commencé et jusqu’où son avancement l’a menée.

Pourquoi y-a-t-il de la musique dans les films ?

En 1891, Thomas Edison mit au point le kinétoscope, permettant de profiter de films très courts. A cette époque-là, il eut déjà l’idée de conjoindre aux images défilantes, des sonorités qui viendraient soutenir leur ambiance. 

En 1892, l’un des pionniers du dessin animé, Emile Reynaud, concrétisa cette ambition en faisant jouer le pianiste Gaston Paulin, à chaque représentation de ses Pantomimes Lumineuses. En effet, Emile souhaitait utiliser la musique afin d’accentuer l’histoire se déroulant entre ses personnages. De ce fait, Gaston donna lieu à des interprétations pianistiques à chacune de ses projections.

Néanmoins, le concept de la musique cinématographique restait propre à un ensemble de cultures seulement. Effectivement, si des phonographes étaient parfois utilisés aux Etats-Unis, la narration en direct primait au Japon.

Le but de la musique au cinéma a toujours été de participer à l’intensification d’un film et des divers passages le composant. Elle sert donc à rendre le spectateur plus réceptif à ce qu’il visualise, en venant davantage susciter ses émotions

La musique du grand écran est avant tout fidèle à un motif tout particulier, le leitmotiv. Celui-ci vise, plus précisément, à marquer l’identité de personnages ( Marche Impériale de Dark Vador) ou la spécificité d’une scène (scène de la douche dans Psychose). 

En réalité, tout est disposé afin que le public soit enclin à éprouver des émotions suffisamment fortes afin d’être le plus profondément possible, imprégné par le film.

La musique représente également un moyen d’élargir la popularité d’une production et de renforcer ses caractéristiques.

Quelle est la première musique de film ?

Il s’agit de celle du film L’Assassinat du Duc de Guise, composée par Camille Saint-Saëns. La projection dont elle est issue, parut le 17 novembre 1908, à la salle Charras. Réalisée par André Calmettes et Charles Le Bargy ainsi que produite par Le Film d’Art. Elle relate la mort de Henri Ier de Lorraine (duc de Guise), qui fut poignardé par les gardes du corps de son rival, le roi Henri III. 

Qui jouait la musique des premiers films muets ?

A l’aube du 20ème siècle, des pianistes furent engagés afin de couvrir le bruit des appareils de projection ainsi que tous les autres sons qui pouvaient venir perturber l’attention des spectateurs. De cette manière, ils improvisaient au piano, en tentant d’adapter leur jeu à la dynamique des scènes.  

Cependant, les instruments exploités étaient à même de varier. Parfois, de l’orgue se faisait entendre, des groupes d’instruments issus de différentes familles, de simples duos ou bien des orchestres. Les morceaux étaient joués en fonction du répertoire dont avaient connaissance les musiciens et les chefs d’orchestre. Ces derniers avaient pour responsabilité, de mettre au point une compilation de compositions antérieures ou de musique d’ambiance, pour chaque nouveau film. 

Il faut tout de même savoir que des partitions originales, datant des années 1890, ont été retrouvées. L’auteur Rick Altman aurait même avancé que durant les premières exploitations cinématographiques, l’accompagnement musical n’était pas normatif. Il avait même, au contraire, tendance à être intermittent, voire parfois inexistant.

De plus, l’industrie du cinéma n’a pas connu un succès immédiat lors de son inauguration. C’est la raison pour laquelle l’accompagnement musical a su persister jusqu’à la fin des années 20.

La fonction de la musique n’était pas encore définie et dépendait des capacités des musiciens, des ressources financières des propriétaires de salles, ainsi que de l’emplacement, de la taille et de la structure musicale préexistante.

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Image par Devon Breen sur Pixabay

Comment s’appelle la musique d’un film ?

D’ordinaire, on lui attribue le nom de bande originale (ou BO) mais on la nomme également parfois musique originale. En anglais, elle se présentera sous le nom de original soundtrack (ou OST). Traduit littéralement par piste de son

Dans les années 1930, les films incluant du son émergent. Les prestations des musiciens et des orchestres s’éteignirent peu à peu. Le côté burlesque laissa place aux comédies musicales, qui intégreront cette fois-ci des partitions originales.

L’une des premières d’entre elles fut celle de la version de 1933 de King Kong, signée Max Steiner. Elle était alors censée améliorer le récit en demeurant tout le long de l’intrigue. 

Dès les années 1950 et 1960, on vit enfin débarquer les chansons à thème et les bandes sonores. Cela servant à promouvoir les films à la radio et à la télévision.

Aujourd’hui, ce sont les  partitions de compilation qui sont probablement les plus exploitées. Elles consistent en un mélange de chansons préexistantes provenant de diverses sources ou d’un artiste en particulier.

Qui choisit la musique d’un film ?

Ce n’est autre que le superviseur musical. Il se définit comme le chef du département de la musique d’un film. Chargé de sélectionner et d’autoriser la musique qui sera jugée la plus adéquate pour la production.

Il devra choisir quel genre de musique sera nécessaire, en s’organisant avec l’équipe de production. 

Les négociations, particulièrement de droits et de coûts, forment le quotidien de la vie professionnelle des superviseurs musicaux. Mais il arrive que ces négociations ne s’axent que sur le coût ou qu’elles se déroulent uniquement dans le but de trouver un accord avec un artiste, afin que sa chanson puisse détenir une licence.

D’autre part, si cela concerne une licence onéreuse voire inaccessible (souvent le cas pour les reprises de chansons populaires), le superviseur se doit de recruter de nouveaux interprètes avant d’effectuer la réservation d’un studio et de participer aux sessions d’enregistrement.

Il ne pourra donner aucune décision officielle tant que le tournage du film n’aura pas touché à sa fin. Et selon la date de sortie du film, le travail peut très vite devenir complexe, au vu de l’exiguïté des délais d’exécution attribués. 

Le superviseur musical est, continuellement, en étroite collaboration avec le réalisateur, le compositeur et l’éditeur de musique.

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Image par Ian Deng sur Unsplash

Qu’est-ce qu’un compositeur de musique de film ?

L’objectif du compositeur de musique de film est de répondre à l’ambition du réalisateur, de la manière la plus convaincante possible.

Pour parvenir à ceci, il innovera la musique qui sera consacrée à enrichir l’aspect émotionnel du film et de chacune des scènes y figurant. 

Métier créatif mais aussi technique, il devra être apte à amplifier les émotions éprouvables au fil de l’histoire. Il lui faudra ainsi être à l’écoute des attentes exactes du réalisateur, tout en communiquant régulièrement avec le producteur, les scénaristes et même parfois, les acteurs

La technologie numérique s’étant massivement implantée de nos jours, les compositeurs ne sont plus dans l’obligation de savoir lire et écrire leurs œuvres. Par ailleurs, certains d’entre eux savent à peine déchiffrer une partition. Ils s’aident désormais principalement d’instruments logiciels contrôlés par un clavier MIDI.

Comment travaille un compositeur de musique de film ?

Tout d’abord, il commence par lire le scénario avec minutie, afin de s’immerger au sein de l’atmosphère du film. Ainsi que de façon à se plonger dans la peau des personnages.

Aux côtés du réalisateur, il identifiera les parties du film pouvant bénéficier de passages musicaux. Le réalisateur lui fera part de ses attentes, souvent grâce à l’utilisation d’une musique déjà existante.

Aussi, il travaillera étroitement auprès de l’éditeur de musique, afin que celui-ci facilite tous les aspects de la bande originale du film.

C’est en collaboration avec l’équipe créative du projet, qu’il concevra des idées de base, qui contribueront à la composition des prémices de son œuvre, avant de la mettre au point. 

Dès l’instant où il sera parvenu à distinguer quels sentiments il devra faire émaner de sa musique, il produira des maquettes.

Par conséquent, il développera ses premières mélodies qui, une fois perfectionnées, constitueront un thème qui sera proposé au réalisateur. Puis il coopérera avec le monteur qui se chargera d’assimiler la musique aux séquences du film qu’il estimera les plus conformes. 

Ensuite, il se joindra à l’ingénieur du son pour que sa composition soit enregistrée avec une qualité optimale. 

Pour mener à bien cette mission, le compositeur sera potentiellement tenu d’embaucher des musiciens et du personnel, particulièrement dans le cas de la création d’une version orchestrée. A partir de là, il auditionnera divers thèmes à l’attention du réalisateur.

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Image par Tyson Moultrie sur Unsplash

Qui sont les plus grands compositeurs de musique de film ?

Hans Zimmer

Connu pour ses intégrations de musique électronique à ses arrangements orchestraux. Le compositeur allemand Hans Zimmer fit ses débuts dans les années 70, en tant que claviériste au sein de divers groupes tels que The Buggles (Video Killed The Radio Star) ou Mecano (Hijo de la Luna).

Après avoir travaillé sur la composition de quelques musiques de films à la notoriété modeste, Hans voit sa carrière décoller avec Rain Man, en 1988. Ayant été engagé par Barry Levinson, qui fut impressionné par son potentiel lors de l’écoute de sa B.O pour A World Apart

En 1994, il explosa les records des Walt Disney Records grâce à l’élaboration de sa partition pour le Roi Lion, dont 12 millions d’exemplaires furent vendus dans le monde

Poursuivant brillamment sa carrière, il produira des compositions pour des films à succès comme Gladiator (2000) et Pirates des Caraïbes (2003), pour lequel il refusa de produire l’essentiel de la composition, qu’il finira tout de même par reprendre en collaboration avec Klaus Badelt, en ayant écrit la plupart des morceaux en une nuit seulement. 

Il enchaînera ensuite les grosses productions, en œuvrant pour des triomphes hollywoodiens légendaires à l’instar de Batman, Da Vinci Code, Interstellar ou Inception.

Le prodigieux Hans Zimmer a su se bâtir une solide réputation parmi les compositeurs de l’univers cinématographique, capable de produire des sons et des textures n’ayant jamais été entendus par le passé. 

John Williams

Titulaire de diplômes honorifiques de 21 universités américaines et détenteur de multiples prix. John Williams est un adepte de la musique depuis sa plus tendre enfance, durant laquelle il commença à apprendre le piano, le trombone et la clarinette.

En 1948, déménageant à Los Angeles, l’aventure du directeur musical de plus d’une centaine de films débuta. Effectivement, c’est à ce moment-là qu’il se mit à  étudier la composition avec le compositeur italien Mario Castelnuovo-Tedesco

En 1951, durant son service militaire, il arrangea la musique d’un groupe et s’initia à la direction musicale. En 1954, de retour à New York, sa ville natale, il se fit former au piano par la pianiste russe, Rosina Lhevinne. A la suite de quoi, il deviendra pianiste de jazz dans des clubs et pour des enregistrements. 

Regagnant ultérieurement la Californie, il procura ses talents pianistiques aux studios hollywoodiens pour des films comme West Side Story ou Du silence et des ombres.

Au début des années 70, le compositeur parvint à se faire connaître en composant pour d’importantes productions. Mais c’est en 1974 que l’une des plus importantes rencontres de toute sa carrière aura lieu. Celle avec le réalisateur Steven Spielberg. C’est alors un partenariat de 40 années qui s’entamera, ayant fait voir le jour à de nombreux succès tels que E.T, Les dents de la mer, Indiana Jones, Il faut sauver le soldat Ryan ou Jurassic Park.

Mais ce ne seront pas les seules réalisations mémorables auxquelles Williams aura eu le privilège de participer. Puisqu’il travaillera aussi sur la musique de neuf films de la saga Star Wars et des trois premiers films Harry Potter

Outre le fait qu’il coopéra avec plusieurs grands autres réalisateurs, à l’exemple d’Alfred Hitchcock, William Ryler ou Robert Altman.

James Horner

Compositeur renommé dont la filmographie comprend maints films notoires. A 5 ans, le jeune James Horner apprit à jouer du piano. Arrivé à l’adolescence, sa fascination pour la musique n’ayant cessé de croître, il décida de retourner à Londres où il eut passé son enfance, afin d’étudier au Royal College of Music

Une décision qui demeurera fructueuse, puisqu’elle aura attisé son envie de devenir compositeur et sera parvenue à faire de lui un musicien qualifié. Quelque temps après, il débarqua à l’Université de Californie du Sud afin de maximiser ses chances d’évoluer en tant que compositeur réputé. Mais il ne sera convaincu de s’orienter vers la musique de film seulement à la suite de sa collaboration avec l’American Film Institute, qui l’avait engagé pour la création de musiques de documentaires

En 1982, il entame sa route vers la gloire. Il se voit ainsi œuvrer pour de grands noms, mais surtout pour un grand projet : Star Trek II : The Wrath of Khan

Année 1986, il fait la rencontre de James Cameron. Mais son expérience à ses côtés ne sera pas des meilleures. En effet, Horner disposa de peu de temps afin de composer la musique du film Aliens et dut effectuer plusieurs réécritures sur la demande de Cameron.

Au fil des années 90, il se concentra sur la composition à gros budget, pour des films néanmoins moindres. Malgré cela, il sera la source de bandes sonores remarquables, comme celle de Braveheart et Apollo 13, qui lui vaudront chacune une nomination aux oscars.

Viendra en 1997, son inspiration pour la bande originale la plus vendue de tous les temps. Titanic. Ayant accepté une nouvelle collaboration avec James Cameron, charmé par la beauté de son scénario. Il mit ainsi à profit son amour des instruments celtiques, en utilisant les sons qu’il avait déjà développés pour Braveheart.

Il ira jusqu’à renouveler un troisième partenariat avec Cameron, pour Avatar (2009). Puis poursuivra son occupation avec des productions telles que The Amazing Spider-Man (2012) et Roméo et Juliette (2013). Subséquemment, il se retira du monde cinématographique afin de se consacrer à la musique de concert

Tragiquement décédé d’un accident d’avion, qu’il pilotait lui-même, en 2015. Il aurait normalement dû faire partie de la conception du film Tu ne tueras point ainsi que de la suite Avatar. Initialement prévue entre l’année 2018 et l’année 2023.

Ennio Morricone

Ennio Morricone s’avère l’élaborateur de plus de 500 partitions, qui aura su à la fois écrire pour des orchestres, les diriger ainsi que composer, dans un registre varié, des œuvres musicales pour le théâtre, le cinéma et la radio. 

Au début des années 1950, il créa ses premiers morceaux ainsi que son premier arrangement professionnel radiophonique, avant de devenir assistant musical pour la RAI (société de radiodiffusion nationale italienne) en 1958. Mais cela ne sera que de très courte durée puisqu’Ennio démissionnera après une journée de travail seulement.

Ce seront les années 60 qui le révéleront. Débutant sa carrière en 1961, avec Il Federale de Luciano Salce. C’est cependant, auprès de son ancien camarade de classe, Sergio Leone,  qu’il initiera ses compositions de partitions dédiées aux westerns spaghetti. On y retrouve la célèbre Trilogie du dollar : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la brute et le truand. Avec sa bande originale très connue, L’Extase de l’Or. Souvent reprise par le groupe Metallica comme introduction lors de ses concerts. Mais ces partitions incluent aussi La Trilogie du Temps, comprenant Il était une fois dans l’Ouest

Entre les années 60, 70 et 80, il collabora avec des artistes musicaux comme Paul Anka, Mireille Matthieu ou Joan Bez, tout en continuant son travail en qualité de compositeur de musique de film. Ceci l’ayant mené à la création d’œuvres pour des productions telles que La bataille d’Alger, 1900, Il était une fois en Amérique, les Incorruptibles ou Mission.

A partir des années 2000, il commence à composer pour la télévision italienne, tout en voyant sa musique utilisée plusieurs fois par Quentin Tarantino pour ses films Kill Bill, Death Proof, Inglorious Basterds et Django Unchained.

En 2015, un réel partenariat naîtra entre le réalisateur et le compositeur, Ennio ayant accepté de composer la bande originale des Huit Salopards.

Il faut dire que la musique du compositeur, nommé chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy, s’est toujours distinguée de celle des ses concurrents. Habitué à mélanger le rock, le jazz, le folk, le blues et la musique classique. Ennio Morricone était également maître dans l’art d’associer à sa musique des coups de feu, des pas, des coups de fouet, des bruits d’animaux ou encore, des sifflements.

Mais ce à quoi il demeurait le plus attaché était l’impact que pouvait posséder sa musique sur un film et ses personnages, en venant souligner leurs traits de caractère.